Avec, par ordre d'apparition à l'image...

 

OS, contremaîtres, chefs d'atelier, syndicalistes ou militants, ils témoignent dans Reprise. Petit Who's Who Wondero-donien.

 

Pierre Bonneau Cadreur du film de 68. Se souvient de l'arrivée de l'équipe en 2CV. Ne résiste pas à l'envie de retourner faire un tour du côté de l'ancienne usine.

Jacques Willemont A l'origine du film de 68. Sur le tournage, assurait la prise de son. N'a jamais repris contact avec les gens de Wonder.


Jean Louis Blanc

 

L'Union Locale CGT de Saint-Ouen Les actuels responsables de la CGT audonienne y visionnent la cassette, en compagnie de militantes aujourd'hui retraitées. L'une d'elles Ida, parle d'une sur-ouvrière très active du temps de Tapie et identifie formellement deux personnes du film : Edmond Adler et Pierre Guyot.

Edmond Adler Informaticien chez Wonder au début des années soixante. Licencié en 64, peu après y avoir crée une section syndicale CGT. Aujourd'hui directeur de la SEMISO, société d'économie mixte de la ville de Saint-Ouen. Apparaît dans le film de 68, le regard caché derrière de grosses lunettes noires. Décrit les conditions de travail des femmes à la chaîne et les pressions antisyndicales organisées par le chef du personnel, "ancien Croix-de-Feu".

Georges Abbachi Ancien secrétaire de l'Union Locale CGT, ancien maire-adjoint de Saint-Ouen. S'occupe aujourd'hui des Anciens Combattants. A "bien connu" le chef du personnel de Wonder. Décrit la désindustrialisation qu'a connue la commune ces vingt dernières années.

Jean-Louis Blanc Entré chez Wonder en 72, comme peintre, au service entretien. Délégué syndical CGT jusqu'à la fermeture de l'usine. Insiste sur l'inscription de l'usine dans le quartier des Puces. et sur le côté "famille" de Wonder, par-delà les conflits... Par ailleurs, grand spécialiste de la pêche au carnassier.

Monsieur Meunier et Monsieur Parenti Entrés comme OP à l'atelier de mécanique, en 1948. Devenus, par promotion interne, agents de maîtrise puis cadres. Contremaîtres en 68. Dans le film. identifient Madame Campin. Evoquent la dureté des conditions de travail, les cadences "Temps modernes", l'atelier de noir - la charbonnerie, avec ses ouvrières aux yeux "style Rimmel" - ainsi que les événements de 68, vus du côté de la maîtrise. Assez amers sur la période Tapie.

Pierre Guyot "L'homme à la cravate" du film de 68. Ancien secrétaire de la cellule des Puces. Fils de Raymond Guyot, important dirigeant du PCF. Raconte son "aventure" pendant la guerre d'Algérie. Pense qu'il faut savoir arrêter une grève. "Persiste et signe".

Louis Morin A travaillé chez Wonder de 57 à la fermeture de l'usine, à l'atelier de mécanique (sa femme - c'est un couple Wonder - y a été OS à la fin des années cinquante). Parle de la création, avec quelques amis, de la section CFDT - et de leur première revendication: du savon -, de la grève de 68 et de l'arrivée de Tapie, accueilli comme le "Bon Dieu" au début des années 80. En total désaccord avec son épouse sur l'existence ou non de premières ouvrières dans les ateliers de femmes.

Gérard Renoux Secrétaire de l Union Locale CGT de Louviers. Travaille à l'usine Ralston de Caudebec-les-Elbeuf qui produit aujourd'hui les dernières piles de marque Wonder. Nous fait faire le tour de toutes les usines du groupe aujourd'hui fermées à Louviers et dans les environs.


Monsieur et Madame Louis Morin

 

Jacques Joubert Délégué CFDT de Wonder en 68. Aujourd'hui permanent associatif à la Confédération Nationale du Logement. Dépeint les négociations avec la direction, I'incertitude de la reprise du travail, et la "normalisation" après la grève. Et présente Wonder comme une entreprise à "hauts risques" du point de vue des conditions de travail.

Liliane Singer Aujourd'hui infirmière. En 68, travaillait chez Wonder dans les bureaux (sténodactylo). Alors militante à l'OCI, c'est elle qui a contacté les élèves de l'IDHEC pour les faire venir à Saint-Ouen. Evoque les espoirs et la déception des ouvrières, ainsi que ses démêles avec la section locale CGT.

Poulou Le "gauchiste" du film de 68. A l'époque, Lycéen, "seize balais" et "mao". Ne s'est pas remontré chez Wonder. A participé à la longue marche française. Habite aujourd'hui sur l'île d'Oléron, où il anime - L'été - le Club des Allassins.


Pierre Guyot

 

Marie-Thérèse Sur-ouvrière. Entrée comme OS chez Wonder en septembre 68. Décrit les conditions de travail pour les femmes, la relance de l'action syndicale après 68, la satisfaction des principales revendications en 72, et... le "style Tapie".

Yvette A commencé à travailler à la chaîne à quatorze ans. Seule OS et seul femme à avoir suivi la grève générale chez Wonder le 13 mai 68. A connu son mari Guy à l'Union Locale CGT, pendant les événements.

Mademoiselle Marguerite A gravi tous les échelons chez Wonder: ouvrière, puis première ouvrière, et finalement chef d'atelier... Insiste sur les difficultés de la fonction d'encadrement, notamment dans les années 70, avec l`apparition des "maoïstes", et la présence de nombreuses ouvrières portugaises. Très critique à l'égard des directeurs qui se sont succédés les dernières années à la tête de l'entreprise, et très nostalgique de l époque de Monsieur Victor et de Monsieur Lemasson. Ne veut pas parler de Tapie. Héroïne du célèbre épisode dit du parapluie".

Denise A travaillé avec ses nombreuses soeurs dans les ateliers de fabrication jusqu'à la fermeture de l'usine. En garde un très bon souvenir, tout en reconnaissant la dureté du travail. Refait devant nous la chaîne de fabrication de la matière première jusqu'à la livraison aux détaillants. "Obligée de faire grève en 68".

 

Lucienne Sur de la précédente, entrée elle aussi à quatorze ans. Voulait être institutrice. Son amie Jacqueline, elle, a dû rester travailler chez Wonder pour ne pas être placée "bonne chez les autres". Avec Alain, lui aussi OS Wonder et mari de Lucienne, ils évoquent Madame Campin, la chef de l'atelier de noir.


Poulou

 

Maurice Bruneau L'autre cégétiste du film de 68. Travaillait à la Bull. Aujourd'hui retiré dans le Loir-et-Cher. En 68, responsable du syndicat des métaux de Saint-Ouen. A suivi à ce titre la grève chez Wonder. En raconte les débuts. Se souvient très bien de la fille. Agacé par la présence de l'équipe de l'lDHEC au moment de la reprise.

Et quelques autres...