Figures de proue du cinéma expérimental en France,
Klonaris et Thomadaki
initient au milieu des années 70 le cinéma corporel
et réalisent en
pionnières un grand nombre de performances et d'environnements
de
projection. Ayant opté très tôt pour la traversée
et l'hybridation des
médias technologiques, les artistes acquièrent
une réputation
internationale avec leurs films, vidéos, photographies
et installations
multi-médias. Théoriciennes, elles publient de
nombreux essais,
manifestes et ouvrages, constituant une uvre théorique
parallèle à leur
création plastique. Dans les années 90 Klonaris
et Thomadaki conçoivent
et dirigent à Paris trois éditions des Rencontres
Internationales Art
cinéma / vidéo / ordinateur, événement
phare autour de l'image en
mouvement et des innovations technologiques dans l'art.
Après le Cycle de l'Ange (1985-2000), où
elles retravaillent par divers
médias, analogiques ou numériques, la photographie
médicale d'une
hermaphrodite, qu'elles mettent en scène dans des environnements
spécialement conçus, avec DESASTRES SUBLIMES Klonaris
et Thomadaki
inaugurent un nouveau cycle d'uvres autour du corps, de l'identité
et
de l'inconscient. Empruntée à nouveau à
l'imagerie médicale, ici l'image
de départ est une cire de jumeaux siamois, "phénomène
double à tronc
unique", provenant de la fameuse collection anatomique du
Musée Spitzner
ouvert à Paris en 1856. Les artistes associent cette image
d'un corps
"monstrueux" avec des organismes marins, des photographies
de
coquillages, ainsi que des planches extraites de l'ouvrage Formes
artistiques de la nature (1899) du biologiste allemand Ernst
Haeckel.
Elles intègrent ainsi des champs d'exploration scientifique
(biologie,
génétique) dans leur recherche plastique. Pris
dans un réseau de
constellations marines, le corps extraordinaire des jumeaux conjoints
est repercuté dans des doublures virtuelles générées
par des traitements
numériques.
Cette exposition est une nouvelle étape de la réflexion
imagée de
Klonaris et Thomadaki sur le corps dissident et sur les doubles
technologiques. Figure clé de la crise contemporaine de
l'identité et de
la normalité, le "monstre" est un corps à
la fois réel et virtuel. Le
"monstre double" traverse ici les simulacres successifs
d'invention
humaine - de l'effigie de cire aux miroirs technologiques de
la
photographie et de l'image numérique.
L'exposition sera accompagnée de la publication d'un
catalogue avec des
textes de Gilbert Lascault, Christian Gattinoni, Anguéliki
Garidis,
Maria Klonaris/Katerina Thomadaki et un entretien des artistes
par
Jacques Donguy (Paris, éditions A.S.T.A.R.T.I., 2000)
Site d'artiste Klonaris/Thomadaki : rétrospective virtuelle
1975-2000
http://mkangel.cjb.net
http://perso.wanadoo.fr/astarti
e.mail: klon.thom.astar@wanadoo.fr
A l'occasion de l'exposition, présentation du site
Klonaris/Thomadaki
le vendredi 24 mars à 20h30 dans le cadre du festival
de l'Internet au
Web Bar,
32, rue de Picardie, 75003 Paris